Comment limiter sa production de déchets lorsque l’on est en voyage, loin de chez soi et de ses lieux de consommation habituels ?
On répond à ces questions dans cet article dédiés aux courses zéro déchet en voyage.

Un bref aparté sur le vrac

Une des étapes incontournables dans une démarche zéro déchet concerne la nourriture et les courses !
La majeure partie du plastique produit sert en effet à l’élaboration d’emballages de nos denrées alimentaires. Si quelques-uns peuvent être recyclés dans certains pays – type bouteilles en PET – d’autres sont tout simplement impossibles à recycler, du fait de mélanges de matières plastiques rendant le recyclage trop compliqué et onéreux face à l’incinération ou la mise en décharge. 
Sans oublier que ce plastique a fortement tendance à migrer vers les aliments qu’il contient, nous faisant ingérer chaque semaine 2000 particules de microplastiques* (5g) dont on ignore encore précisément la toxicité sur notre santé / on suspecte un effet de perturbateur endocrinien.
*Fonds Mondial pour la Nature WWF

Alors le plus simple pour parer à tous ces inconvénients reste encore de ne pas acheter de produits emballés, et le moins possible dans du plastique.

En France comme dans beaucoup de pays, de nombreux magasins et épiceries proposent désormais des produits sans emballage. La plupart des magasins biologiques ont un rayon vrac avec du sec (céréales, légumineuses, noix, …) et parfois des produits liquides (huiles, vin, produits ménagers, …). De nombreuses épiceries indépendantes spécialisées dans le vrac fleurissent aussi à la demande des consommateurs en ville et en campagne !

Notre expérience en France

Habitant à Bordeaux pendant presque deux ans, nous avons trouvé que faire ses courses sans produire de déchets était possible.
Comment ? En alternant avec les épiceries vrac (Day by Day, La Recharge), le supermarché coopératif (Supercoop), le magasin bio (Biocoop) et les marchés locaux. Il était assez facile de trouver tous les produits, depuis le riz jusqu’aux huiles et aux épices. 

Malgré tout, force est de constater que cela nous a pris un peu de temps au début, au moins pour savoir où trouver chaque produit et changer nos habitudes. Et pendant le voyage ces habitudes sont complètement chamboulées par notre rythme de vie nomade. Le zéro déchet total en voyage est donc plus compliqué que lors de notre quotidien sédentaire !

Nos conseils

Pour réussir notre défi de produire le moins de déchets possible et de les porter dans nos sacs-banane, nous avons dû bien nous organiser. Et c’est bien ça le plus important pour y arriver : l’anticipation !

Avoir toujours avec soi un kit de courses zéro déchet. Le nôtre contient 1 grand sac cabas, 10 sacs à vrac en tissu et 3 boîtes en inox. C’est amplement suffisant pour plusieurs jours.

Repérer dans les endroits où nous allons s’il y a des magasins proposant du vrac : chercher directement sur son moteur de recherche ou sur une application de géolocalisation bien connue, Google Maps. En recherchant selon le pays : vrac, bio, bulk, organic, zero waste, granel, organico, …

Une fois trouvés, penser à annoter tous ces endroits directement sur l’application, pour ensuite pouvoir repérer où sont les magasins les plus proches. Vous pouvez créer des listes spécifiques avec les magasins vrac, les marchés locaux, etc. Les points d’intérêt apparaîtront ensuite d’eux-mêmes sur la carte de votre smartphone. En associant votre compte de messagerie, vous pourrez voir ces cartes depuis n’importe quel appareil.

Montréal courses zéro déchet
Montréal courses zd

Dans certaines villes ces précieuses cartes de repérage ont déjà été faites par des personnes patientes et passionnées, un grand merci à elles. Une petite recherche du type « zero déchet / zero waste / cero basura + ‘nom de la ville’  » permet de voir s’il existe des cartes de bonnes adresses, des associations locales, des groupes sur les réseaux sociaux et des personnes susceptibles de s’y connaître en la matière !

Bruxelles courses zéro déchet

Carte réalisée par Zero Waste Belgium pour trouver où emmener ses propres contenants

Les marchés fermiers locaux permettent aussi d’éviter beaucoup d’emballages de fruits et de légumes, chose courante malheureusement en Amérique du Nord. Seul inconvénient, ils ont souvent lieu un ou deux jours par semaine, rendant assez difficile de les faire concorder avec notre itinéraire. Mais c’est un bon moyen pour redynamiser l’économie locale et favoriser les circuits courts, au-delà d’avoir des produits de meilleure qualité !

Les coopératives alimentaires (food co-op) et les magasins biologiques ont presque toujours du choix en vrac en Amérique du Nord. Nous avons aussi remarqué que certaines chaînes de supermarchés classiques proposent du vrac et des légumes biologiques. 

Quelques grandes chaînes proposant du vrac où nous sommes allés 
Canada : Bulk Barn
États-unis : Whole Foods, Safeway, McKay’s Market

Courses zd Quebec

Haricot Magique, épicerie vrac à Québec

courses legumes zd

Pas de vrac ? Pas de problème !

Comment faire s'il n'y a pas de vrac ?

Evidemment malgré toutes ces astuces, il arrive que nous soyons à court de vrac ! Dans ce cas, notre premier réflexe est d’acheter des légumes et des fruits frais en grande quantité. Les pommes de terre nous permettent d’avoir suffisamment de féculents. Nous pouvons également prendre des aliments emballés dans des contenants recyclables.

Le verre est notre premier choix car il est très bien recyclable. Nous en prenons pour les sauces, les confitures, …
Les boîtes de conserves en acier permettent aussi de trouver des protéines déjà cuites, idéal pour gagner du temps pendant notre aventure à vélo : haricots rouges, pois chiches, …

Nous achetons du plastique très rarement, et seulement si nous sommes sûrs qu’il est recyclable. Les emballages en Amérique du Nord ont un petit logo indiquant s’ils sont recyclables. Pour l’instant, nous avons seulement acheté quelques briques de lait végétal, parce que nous n’avons pas la possibilité de le faire nous-mêmes comme quand nous étions en France. 

Dans chaque pays, nous nous renseignons sur les matières recyclables pour acheter seulement ce qui ne finira pas enfoui ou brûlé.

Alors c'est possible ou pas ?

Oui et pour être honnête nous ne pensions pas trouver du vrac facilement en dehors des grandes villes.

En repérant à l’avance les magasins et les marchés, cela nous fait même gagner du temps sur place.

Au bout de 3 mois de voyage, aucun déchet de nos bananes ne provient de nos courses. Par contre, nous achetons régulièrement des emballages recyclables : sauces tomate, pesto, confitures, pois chiche et haricots pour notre aventure à vélo.

Nous avons parfois refusé d’acheter dans certains magasins car nous devions utiliser des sacs en plastique pour se servir en vrac (incroyable non ?). Mais heureusement la plupart des magasins acceptent nos sacs en tissu et encouragent les consommateurs à ramener leurs propres contenants.

Pour la suite de notre voyage, nous pensons que les marchés locaux en Amérique centrale nous permettront de trouver plus d’aliments sans emballage.

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