Le voyage est quelque chose de merveilleux et d’épanouissant, mais il a besoin de se réinventer pour répondre à l’urgence climatique. Nous avons décidé de voyager sans avion pour plusieurs raisons : sa pollution, la législation à son sujet et notre envie de prendre le temps. Dans cet article, on vous explique également les alternatives à l’avion et leur impact carbone. Bonne lecture !

Pourquoi nous ne prenons pas l'avion

La pollution de l’avion

Le secteur de l’aviation représente 2 à 5 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales (1). Avec 293 g de CO2eq par personne et par km, (voir plus bas) il se classe parmi les moyens de transport les plus polluants.
Refuser de prendre l’avion nous permet d’enrayer l’emballement de son utilisation. Il est prévu 4 milliards de passagers aériens pour 2050, soit le double d’aujourd’hui.

La législation inexistante

Aucune taxe internationale n’est en vigueur sur le kérosène (2). Nous pensons que c’est un désavantage certain pour d’autres moyens de transport moins polluants.

Prendre le temps

L’avion va vite, très vite. En quelques décennies, il a complètement modifié notre rapport au temps et aux distances. Nous souhaitons reprendre conscience des distances que l’on parcoure et du temps nécessaire pour y arriver. Le voyage lent nous permet de faire des choix conscients, des rencontres et vivre des expériences inoubliables. En prenant le temps, nous réduisons nécessairement nos déplacements et les pollutions qui y sont liées. C’est un cercle vertueux !

Qu'est-ce que l'effet rebond ? Quand une technologie est développée pour nous permettre, par exemple, d'aller plus vite, nous allons l'utiliser plus fréquemment par soucis de gain de temps et donc accroître la demande pour cette technologie. Autrement dit, c'est un effet d'emballement de la demande.

Dans le cas de l'avion, il est maintenant possible de faire Paris-New York en 8h. Nous pouvons ainsi facilement y faire plusieurs allers-retours dans l'année pour notre travail. Faire des Paris-Rio, Paris-Bangkok pour nos deux semaines de vacances. Des week-ends à Budapest, Londres sont rendus possibles. Une demande, un besoin est créé. Le nombre d'avions augmente et le total des distances parcourues augmente et malheureusement sa pollution aussi...

Notre démarche zéro avion

Nous avons listé une série de mots qui mettent le doigt sur les questions à se poser pour trouver des alternatives intéressantes à l’avion. On les résume en ‘5P’ : Proximité – Patience – Pollution – Praticité – Prix

C’est un peu formel mais on utilise ce raisonnement pour comparer les alternatives et faire des choix.

Proximité-Patience : Est-ce c’est nécessaire de voyager loin si j’ai peu de temps ? Puis-je voyager plus près de chez moi ? Combien de temps consacrer à ce voyage ? Puis-je prendre un moyen de transport plus lent ?

Pollution : Est-ce qu’un autre moyen de transport fait le trajet et pollue moins que l’avion ?

Praticité : Ce moyen de transport est-il confortable d’utilisation ? Est-il facile de trouver les informations, d’effectuer une correspondance … ?

Prix : On essaye de ne pas trop dépenser d’argent pour le transport.

Les solutions alternatives

Elles sont nombreuses et heureusement : train, vélo, bateau (cargo, voilier), transports en commun, voiture, camion, marche. On vous propose deux outils pour les comparer !

+ Emissions par kilomètre
Voici les coefficients d’émissions carbone de ces moyens de transports, extraits de la base de données carbone française de l’ADEME.

Le camion et le cargo transportent des marchandises. En montant dessus, nous pouvons nous considérer comme une partie de cette marchandise et calculer proportionnellement notre impact carbone. Attention : nous ne disons pas que le cargo ou le camion sont écologiques, simplement que leur fonction est différente !

La voiture individuelle est également très polluante. Pour polluer moins, voyagez accompagnés ! L’autostop et le covoiturage sont de bonnes alternatives. Dans notre cas, en faisant de l’autostop, nous sommes au moins 3 par voiture (le conducteur, plus nous 2), l’impact de la voiture est donc réduit d’autant.

La marche, le voilier, le vélo et le train sont les meilleures alternatives. Le train est d’autant plus intéressant qu’il permet de parcourir de grandes distances.

+ Emissions par heure de transport

L’avion (longue distance) et la voiture (1 seul conducteur) ont un coefficient similaire : 230 pour l’avion et 259 gCO2eq/personne.km pour la voiture. Sur un kilomètre, une personne pollue donc presque autant.

L’avion vole cependant en moyenne à 900 km/h et une voiture roule à 100 km/h sur une longue distance. En une heure, l’avion permet donc d’aller 9 fois plus loin que la voiture et donc de polluer beaucoup plus.

Nous polluons ainsi 8 fois plus en une heure d’avion qu’en une heure de voiture… et 138 fois plus qu’en train ! En refusant l’avion, on voyage nécessairement plus lentement et on limite son impact carbone !

Nos choix de déplacements

Refuser de prendre l’avion nous permet de remettre en question nos envies et nos besoins en matière de voyage. Beaucoup de solutions existent pour se déplacer autrement, chacune ayant un impact écologique plus ou moins important.

Mais toutes ces alternatives sont plus lentes que l’avion et vont conditionner notre voyage. Alors on décide de vivre ces déplacements comme des aventures à part entière, des opportunités pour faire des rencontres et mieux comprendre le monde.

Bientôt nous publierons des fiches pratiques sur les moyens de transport utilisés pendant notre voyage, n’hésitez pas à commenter et à nous poser vos questions !

Cet article a 4 commentaires

  1. Merci pour l’article super intéressant ! Vous avez prévu de faire matelot sur un collier pour le retour ? Hâte de lire cette partie 🙂

    1. Bonjour Moko, oui on a prévu de faire du cobaturage pour rentrer en Europe. On est excité par cette aventure. A bientôt

  2. Pour le voyage retour en cobaturage, vous vous y prenez comment pour trouver ? Et avez-vous de l’expérience en navigation ou ce n’est pas nécessaire ? Merci et bonne continuation !

    1. Bonjour Céline,
      Nous avons très peu d’expérience en navigation mais nous sommes déjà montés plusieurs fois sur un voilier (plus pour nous rassurer à vrai dire).
      Il y a deux options : trouver une annonce en ligne – bourses aux équipiers, groupes facebook – ou aller directement dans les ports !
      Bon vent !

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