On l’appelle autostop, stop, pouce, … Ce moyen de transport est assurément une toute autre manière de voyager. A sa simple évocation, les mots ‘lenteur’, ‘imprévu’ ‘confiance dans l’inconnu.e’ nous viennent à l’esprit.

Dans cet article, on vous propose deux témoignages : le nôtre, avec 1300 kilomètres au Canada, et celui des voyageurs My Nomad Project qui souhaitent aller en Australie ! Ces deux autostoppeurs, bien plus chevronnés que nous, vous partagent ici leur regard sur ce moyen de se déplacer et de vivre le voyage.

Lisez l’article jusqu’à la fin car nous vous donnons aussi des astuces pour s’assurer de trouver un ‘ride’ et des conseils si le stop vous fait encore trop peur ! Bonne lecture.

Le stop au canada - Banaclichet

Fraîchement débarqués du cargo après la traversée de l’Atlantique, nous avons fait du stop pour rejoindre Rimouski, puis Montréal. L’objectif pour nous était à l’origine de traverser tout le Canada d’est en ouest en pouce comme le disent les Québécois.  
Le stop fonctionne plutôt bien au Canada, même si certains moments ont été plus longs que d’autres : sous la pluie un dimanche matin notamment. Les gens qui s’arrêtaient étaient tous très ouverts et sympathiques. En général, nous faisions 300 kilomètres par jour, partions tôt le matin et avions besoin de 2-3 conducteurs·rices différents pour arriver à notre destination.

Pour nous, le stop était une nouvelle façon de voyager et surtout de rencontrer des locaux, prêts à partager leur histoire et leur vision du monde. Nous avons beaucoup appris sur le pays pendant ces heures de voiture. Nous avons aussi compris que voyager ainsi demande de prendre bien plus de temps qu’un covoiturage classique, et qu’il faut un certain lâcher-prise pour apprécier cette façon de se déplacer.

Autostop canada

Une fois à Montréal, nous nous sommes rendus à l’évidence que nous ne voulions plus continuer à voyager en stop. Nous rêvions d’aventures d’un autre type : le voyage à vélo, dont nous vous parle aussi sur ce site. Nous avons adoré parcourir plus de 1300 kilomètres de cette façon, mais le manque d’autonomie et la dépendance totale à la voiture nous ont quelque peu frustrés.

Néanmoins le stop nous a permis de nous ouvrir et de laisser la place à l’imprévu. Et car l’inattendu est bien souvent la promesse de belles expériences, nous savons que nous lèverons de nouveau le pouce dans le futur.

Le stop pour parcourir le monde - Nomad Project

Anissa et Stéphane se sont rencontrés en Écosse et vivent à l’étranger depuis presque une dizaine d’année. Après avoir rallié la Grèce depuis la France en auto-stop pendant près de 9 mois, ils créent en 2018 l’association My Nomad Project, un voyage pour rejoindre l’Australie les pouces levés ! Ce projet vise aussi à promouvoir le voyage durable et le lien entre les êtres humains.

La première expérience en autostop pour Anissa remonte au collège, quand elle lève le pouce pour rentrer chez elle. 10 ans plus tard, vivant alors au Mexique, elle retente l’expérience après avoir raté son colectivo. Elle a fait du stop dans 25 pays à ce jour.
Pour Stéphane tout commence sur un coup de tête à l’aube de ses 18 ans, première destination l’Espagne. Les années suivantes, il multiplie les départs pour visiter différentes capitales européennes : Berlin, Venise, Amsterdam… Ses expériences en autostop se poursuivent ensuite dans des contrées plus lointaines : Australie, Nouvelle-Zélande, Asie du sud-est …

My Nomad Project autostop

L’autostop représente à leurs yeux la meilleure façon de voyager, de manière lente, immersive, en laissant place à l’imprévu et aux rencontres, en faisant confiance à l’Autre. L’autostop a cette faculté extraordinaire de vous plonger tête la première dans le pays traversé. La diversité des rencontres leur en apprend chaque jour un peu plus sur l’histoire, la culture, la situation socio-économique du pays visité. L’autostop offre des expériences inoubliables, parfois un lieu pour dormir le soir, du bénévolat, voire même du travail dans certain pays.
Évidemment c’est aussi un excellent moyen de réduire son impact carbone et donc un coup de pouce pour notre belle planète !

My Nomad Project stop conseil

<< Pour nous, l’autostop est un moyen de transport libre et intemporel, l’essence de rencontres imprévues, un accélérateur d’échanges, le moteur vers la connaissance de l’autre et de soi, une fenêtre ouverte sur de nouveaux horizons… >>

Le Stop et la loi

Il faut bien le dire, de nos jours ce moyen de transport est de moins en plus populaire. Beaucoup de personnes sont méfiantes, à tort ou à raison, et s’imaginent des choses atroces sur l’autostop (merci les films d’horreur américain…). Des personnes vous diront peut-être que l’autostop est illégal et que vous prenez le risque d’être arrêté. On nous l’a dit à maintes reprises au Canada. Nous nous sommes donc renseignés et absolument rien n’interdit l’autostop au Canada. En revanche, il est interdit d’en faire sur les autoroutes. Et là encore, nous en avons fait, avons croisé la police et… Rien. Alors renseignez-vous, évidemment et ne vous arrêtez pas au témoignage d’une personne !

Le site collaboratif Hitchwiki peut vous donner un avis général sur la pratique de l’autostop dans chaque pays.

8 astuces pour mettre toutes les chances de votre côté

Quelques points de vigilance

S’il y a une règle pour l’autostop, c’est VOIR ET ÊTRE VU : la route est le premier danger de l’auto-stoppeur. S’assurer d’être à bonne distance des voitures qui roulent, éviter les virages et être facilement visible par les voitures, préférer un endroit où les voitures roulent doucement plutôt qu’une voie (très) rapide, vérifier que le conducteur puisse s’arrêter sans causer de trouble à la circulation, à lui et à vous-même. Privilégier des vêtements de couleur si possible ! Et éviter de faire du stop la nuit pour des raisons de sécurité.

S’assurer de l’endroit où l’on vous dépose pour ne pas avoir trop à marcher par la suite (1 minute en voiture peut bien prendre 25 minutes à pied). Refuser si une personne souhaite vous déposer sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute (si, si, ça arrive !). Indiquer à votre conducteur que c’est trop dangereux, que les voitures ne s’arrêteront jamais pour vous prendre et que cela peut vous coûter une amende bien salée dans certain pays.

Toujours demander où se rend le conducteur avant de monter dans sa voiture. Ne pas hésiter à poser des questions  en cas de doute pour se rassurer sur la personne qui vous prend. Pour résumer faire appel à vos sens et à votre intuition,

Vous ne le sentez pas ? Passez votre chemin. Expliquez que l’itinéraire ne vous arrange pas et remerciez poliment la personne qui s’est arrêtée. Faites confiance à votre intuition et à celui.celle qui vous accompagne si vous êtes à deux. Échangez un regard, un hochement de tête ou un mot « code ». C’est trop tard, vous êtes déjà monté.e.s dans la voiture et vous avez un mauvais pressentiment ? En cas d’urgence, envoyez un message à un ami ou à un membre de votre famille.

Dîtes-vous que vous n’êtes pas le seul à être méfiant : le conducteur l’est tout autant, et c’est bien compréhensible.

Montrez-vous souriant, serein et commencez dès le départ un dialogue pour vous présenter, dire où vous souhaitez vous rendre, vos impressions (positives) sur la région, etc. En parlant de vous, votre interlocuteur se détendra et l’atmosphère sera beaucoup plus agréable 🙂

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